• Discours de Marie-Charlotte Faucher lors de la manif du 9 mars 2022 #23MillionsDeVoix

    Bonjour à toutes et à tous, Où en est-on de l’accessibilité ?

    S’il est manifeste que des améliorations sont apportées pour permettre l’accessibilité des villes et bâtiments aux personnes situation de handicap sur notre territoire, nous restons cependant encore loin d’une situation qui réponde de façon satisfaisante aux besoins de toutes ces personnes, ceci en raison de l’absence d’une action politique alors que le sujet nécessite une forte impulsion depuis le sommet de l’État.

    La situation actuelle met en relief de trop nombreuses entraves pour que les personnes en situation de handicap puissent se sentir incluses dans une société qui ne les discrimine plus :

    - En matière de déplacement sur la voie publique, peut-on encore accepter de devoir, au péril de notre intégrité physique, rouler sur la route faute de pouvoir emprunter les trottoirs trop souvent encombrés d’obstacles et de surcroît inaccessibles en raison de l’absence d’aménagements permettant une liaison avec la chaussée?

    Selon l’Enquête Ifop - APF France handicap de 2020, 74 % des personnes en situation de handicap et 81 % des personnes se déplaçant avec une poussette se déclarent insatisfaites de l’accessibilité de la voirie.

    - Pour ce qui est de la vie quotidienne, les deux dernières années nous ont montré quelles souffrances pouvait engendrer une période de confinement, alors comment accepter que des personnes en situation de handicap vivent cette situation de façon permanente en raison de l’inaccessibilité de leurs logements ?

    Selon l’Enquête Ifop - APF France handicap de 2020 sur 10 personnes  7 se déplaçant en béquilles ou en fauteuil éprouvent des difficultés à trouver un logement adapté à leurs besoins, et c’est aussi le cas pour 6 de celles se déplaçant avec une poussette.

     

    - Dans le cadre des relations interpersonnelles et familiales, pourquoi les personnes en situation de handicap en seraient-elles privées parce que les restaurants, les salles de spectacles ou autres lieux de rencontre leur sont inaccessibles ?

    Selon l’Enquête Ifop - APF France handicap de 2020, 41 % des personnes éprouvent des difficultés d’accès aux équipements de loisirs, culturels, sportifs

     

    - Enfin, en ce qui concerne la santé, est-il admissible que les personnes en situation de handicap, qui nécessitent a priori plus de soins, éprouvent plus de difficultés à se les faire prodiguer parce que    les cabinets médicaux et paramédicaux ne leur sont pas accessibles, voire que les matériels qui y sont utilisés ne sont pas adaptés à leur handicap?

    Selon l’Enquête Ifop - APF France handicap de 2020, 43 % des personnes sont insatisfaitesde l’accessibilité des cabinets médicaux et paramédicaux. De ce fait par exemple, les tumeurs gynécologiques dépistées chez les femmes handicapées sont 10 fois plus grosses en moyenne que dans la population générale. Ce retard de diagnostic énorme est dû à la difficulté de réaliser des examens (données 2019).

    Vous l’aurez compris, la liste des entraves au quotidien pour les personnes en situation de handicap est longue, or ces personnes participent à la vie de la société tout commeles autres, et elles lui offrent même une richesse supplémentaire dans le sens où la réflexion qu’elle suscite sur leurs besoins spécifiques aboutit à des solutions qui seront au bénéfice de tous.

    L’exemple de la réalisation de trottoirs suffisamment larges, sur lesquels on peut monter facilement, et dégagés d’obstacles tels les luminaires, les panneaux indicateurs, les poubelles, les voitures etc, illustre ce principe d’un équipement spécifiquement pensé pour une population ciblée , qui finalement se révèle très profitable à une population très large comme les personnes avec des poussettes pour enfants, les livreurs, les personnes provisoirement empêchées de se mouvoir normalement, etc.

    Un autre exemple est celui des tables de soins adaptables en hauteur qui permettent à toutes les personnes quelle que soit leur taille d’y avoir accès.

    Nous devons bien avoir présent à l’esprit qu’au cours de notre vie nous serons à peu près tous classés dans une des catégories de personnes citées précédemment, et donc confrontés à des situations qui seront d’autant plus vivables que des progrès auront été faits en matière d’accessibilité.

    En travaillant sur une accessibilité universelle, le but n’est pas de servir uniquement quelques groupes de personnes, en situation de handicap ou non, mais plutôt de faire en sorte que les besoins de tous soient pris en considérationlorsque l’on construira ou que l’on aménagera.

    La loi française (celle de 2005 notamment) et les lois internationales assurent aux personnes en situation de handicap un droit à vivre dans une société accessible à tous. Cependant il ne suffit pas de distribuer des ressources ou des droits formels, encore faut-il garantir les conditions nécessaires à leur exercice effectif.

    C’est à nos dirigeants, au premier chef, d’être pleinement conscients du problème sociétal lié à l’inclusion, et d’impulser une politique pour que la société devienne véritablement inclusive, accueillant sans discrimination toutes les personnes qui la composent, dont les personnes en situation de handicap.

  • Discours de Sophie Frilley lors de la manif du 9 mars 2022 #23MillionsDeVoix

     

    Aujourd’hui, à un mois du 1er tour des élections présidentielles, APF France handicap braque les projecteurs sur les23 millions de citoyennes et citoyens que nous sommes (12 millions de personnes en situation de handicap et 11 millions de proches), autant d’électrices et d’électeurs. Elle entame sa campagne #23MillionsDeVoix.

    En février 2005 paraissait les lois d’accessibilité permettant enfin la compensation du handicap, compensation technique et compensation humaine. Elles étaient porteuses de beaucoup d’espoirs pour les PSH qui se voyaient reconnu dans leurs besoins et leur citoyenneté. Depuis lors, aucun politique n’a eu d’autre cesse que de les réduire, les diminuer, les rendre inapplicables, les sous-financer, nous expliquant combien elles coutaient chères à la communauté. Combien nous coutions cher à la communauté.

    Aujourd’hui, plus de 15 ans après ces lois, au moment où les économies de budget se font drastiques partout, c’est à nous les PSH qu’on décide de rogner les attributions de compensation, d’ajouter de la vulnérabilité et de la précarité à nos vies déjà compliquées.

    Les MDPH en charge de l’instruction de nos dossiers de compensation tant technique qu’humaine ont accru leur délai de traitement, à tel point que parfois un an est nécessaire pour voir aboutir nos demandes. Ainsi un accidenté devenu paraplégique peut au sortir de l’hôpital ne se voir attribué des droits à compensation que des mois et des mois plus tard alors que son quotidien entier a été bouleversé et nécessite des aménagements techniques et humains. On ne peut pas le tolérer !

    Et quand on a obtenu des droits, sans que notre situation n’ait changé, on peut nous les reprendre en les diminuant. Le territoire français n’est pas équitable dans l’attribution de ses aides et pour un même handicap vous pouvez obtenir du simple au double de compensation selon que vous adresserez votre demande à Chartres ou à Nîmes. Admettrions-nous que les allocations familiales pour trois enfants varient entre Toulouse et Montpellier, cela sans protester ?

    Une fois reconnus vos besoins, obtenue votre compensation, commence alors le défi de trouver les personnes qui vont intervenir à vos côtés. L’aide humaine notamment devient de plus en plus difficile à trouver. Le métier d’auxiliaire de vie ne fait pas rêver, il est si mal rémunéré, si peu considéré, si mal et si peu formé. C’est ainsi que souvent lorsqu’enfin on vous a accordé des heures d’aide humaine même les associations employeuses ne peuvent vous les attribuer dans leur ensemble car elles n’ont plus assez de salariés pour répondre à nos demandes. Et je ne parle pas du défi de trouver ses auxiliaires soi-même en tant qu’employeur... Quelques heures par semaine auxquelles vous avez légitimement droit ne serons pas exécutées entravant ainsi votre vie sociale, votre vie culturelle, votre vie quotidienne. Je ne vous parle pas d’exception mais de pratiques désormais courantes, de PSH restant couchée la journée parce que personne ne vient les lever, contraintes de ne pas sortir parce qu’elles n’ont pas d’accompagnants. Des situations qui peuvent aller jusqu’à la détresse et qu’on doit considérer comme de la maltraitance.

    Nous attendons des candidats des engagements clairs alors que jusque-là le handicap est le grand absent de tous les programmes, comme si nous n’existions pas !

    APF Fh lance sa campagne présidentielle à son tour pour dire aux candidats, aux politiques et aux institutions que nous autres PSH si bien “invisibilisés” dans notre société sommes des électeurs, que pas loin de 70% d’entre nous (selon l’IFOP) comptent se rendre aux urnes, exprimer leur voix. Nous et nos proches représentons #23 millions de personnes, ce n’est pas rien et nous n’entendons pas nous faire renvoyer dans des institutions dédiées, être marginalisés par l’ignorance de nos revendications. Citoyens nous sommes, conscients de notre poids, et si nous luttons tous les jours pour une société inclusive nous avons bien l’intention de faire partie de ceux qui s’expriment et revendiquent.

    Nous sommes des citoyens à part entière. Nous sommes des électeurs. Notre voix compte.

  • APF Evasion

    Suite à vos nombreuses demandes et pour vous accompagner au mieux dans la réalisation de votre projet de vacances, APF Evasion France handicap vous annonce que vous pouvez continuer à adresser vos dossiers d'inscriptions jusqu'au vendredi 25 Mars 2022. 

    Envie de vivre pleinement vos vacances d'été ? Faites-leur parvenir votre dossier en y indiquant vos souhaits de séjours accompagnés de votre dossier médical.

    Vous pouvez télécharger le dossier d'inscription complet en allant sur le site d’APF Evasion.

  • Discours de Sonia Lavenir, représentante départementale lors de la manif du 9 mars

    Nous personnes en situation de handicap et leurs proches représentons 23 millions de citoyens soit le 1/3 de la population française. Nous ne sommes pas une minorité de la société. Et pourtant nous sommes invisibilisés, discriminés, et souvent maintenus dans la précarité.

    Nous ne demandons pas la charité. Nous exigeons l’effectivité de nos droits les plus fondamentaux dont celui de vivre dignement pour être #AEgalité avec nos concitoyens.

    Depuis 10 ans, le quotidien des personnes en situation de handicap ne cesse de se dégrader et ce malgré les mesures et lois lancées tous azimuts par les différents gouvernements.

    Ces politiques des petits pas n’ont pas permis de résoudre des multiples difficultés quotidiennes et obstacles rencontrés par les personnes : accentuation de la pauvreté, baisse du pouvoir d’achat, perte d’emploi…

    Selon l’enquête Ifop APF France handicap 2022

    • 74 % des personnes en situation de handicap indiquent s’en sortir difficilement avec les ressources du foyer, une proportion plus grande que la population générale (58 %).
    • 71 % des personnes en situation de handicap déclarent que leur niveau de vie s’est dégradé
    • 91 % des personnes en situation de handicap et 85 % du grand public n’ont vu aucune amélioration ces dernières années
    • 84 % des personnes estiment également que leur handicap constitue un frein pour trouver un emploi

     

    Le taux de chômage des travailleurs handicapés (16 %) est le double de celui de la population générale (8 %). Source - Le marché du travail des personnes handicapées, Agefiph 2020

    En 2021, les travailleurs handicapés sont 12 % de plus au chômage de longue durée par rapport à la population générale et sont en moyenne 213 jours de plus au chômage.

    Trop nombreux parmi nous ont perdu leur emploi ou ont été mis à la retraite lors de la survenue de leur handicap.

    Et combien de nos jeunes formés et diplômés peinent à décrocher leur 1er emploi.

     

    Et que dire de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) pour les personnes dont leur incapacité est une restriction substantielle et durable à l’emploi. Elles perçoivent une AAH à taux plein de 903 €/mois soit 200 € sous le seuil de pauvreté ! Et surtout, il ne faut pas tomber amoureux et avoir un conjoint qui gagne un peu plus que le smic au risque de voir votre AAH allégée. Et au-delà de 2 200 € pour un couple sans enfant votre AAH est supprimée. Vous voilà donc sous la dépendance financière de votre conjoint comme un mineur sans indépendance financière.
    Sinon pour conserver votre AAH vous êtes condamné au célibat ou à rester vivre dans votre famille, là étrangement les revenus familiaux ne sont pas pris en compte dans le calcul du montant de votre AAH.

     

    Quant à ceux qui ont eu la chance de travailler avant que le handicap ne s’invite dans leur vie selon leur niveau d’invalidité ils vont percevoir une pension d’invalidité calculée sur le revenu annuel moyen à partir des 10 meilleures années d'activité. La pension d’invalidité de catégorie 1 minimale est seulement de 297 €/mois !!
    Et si vous avez la chance de pouvoir exercer une activité professionnelle (souvent à temps partiel à cause de votre handicap) pour compléter vos revenus, le cumul de votre salaire et de votre pension ne doit pas dépasser votre ancien salaire perçu avant l'arrêt de travail pour invalidité. Autant dire que vous êtes condamnés à la stagnation de vos ressources, pas de promotion ni d’augmentation substantielle au risque de perdre votre pension et donc une perte sèche de votre niveau de vie.

     

    #PouvoirVivreDignement #CEstLaBase

    Selon l’enquête Ifop APF France handicap 2022 le top 3 des attentes des 23 millions de citoyens concernés par le handicap c’est :

    • la déconjugalisation de l’AAH
    • la création d’un véritable revenu individuel d’existence pour les personnes en situation de handicap
    • une meilleure prise en charge financière de la compensation du handicap (aides humaines et techniques)

     

    Ras le bol d’être traités comme des sous personnes, d’êtres les oubliés.

    Nous sommes des citoyens à part entière. Nous sommes des électeurs. Notre voix compte.

  • Rapport d'activités 2020

    Nous vous annonçons la sortie, avec un peu de retard, du rapport d'activités 2020 de la délégation :

    http://dd31.blogs.apf.asso.fr/list/la-delegation-de-haute-garonne/605020160.pdf

    Vous le trouverez aussi dans la colonne de droite du blog dans la rubrique qui s'appelle  "la délégation de Haute-Garonne".

    Le rapport d'activités national, se trouve lui, dans la colonne de droite du blog, mais plus bas, dans la  rubrique qui s'appelle "APF France handicap" ou en suivant ce lien : http://dd31.blogs.apf.asso.fr/list/apf-france-handicap/2849119192.pdf.

    Rendez-vous en juin en principe pour le rapport d'activités de 2021 !

  • GRANDE ENQUÊTE AVEC L'IFOP

    APF France handicap lance une grande enquête pour recueillir l'opinion des personnes concernées par un handicap (quel que soit le type de handicap ou le degré d’invalidité) et de leurs proches à l’occasion de la prochaine élection présidentielle et de la campagne électorale qui va la précéder. Les résultats de cette grande enquête seront rendus publics dans le courant du mois de mars à un mois du premier tour. FAITES-VOUS ENTENDRE !
    Et n'hésitez pas à partager !